Sandra Milo
Sandra Milo
© Paul Ronald / Archivo Storico del Cinema, AFE, Rome.

Filmographie

LE FILM DU MOIS

HUIT ET DEMI
(OTTO E MEZZO)


Scénario : Federico Fellini, Tullio Pinelli, Ennio Flaiano, Brunello Rondi.

Comédie dramatique de Federico Fellini avec Marcello Mastroianni, Claudia Cardinale, Annouk Aimée, Sandra Milo.

Italie, noir et blanc, 1963
Durée : 114 minutes
Musique : Nino Rota

Synopsis

Huit et demi est l’histoire de la réalisation d’un film (qui ne se fera pas) à travers les états d’âme, les rêves et les obsessions de son metteur en scène : Guido. Fatigué physiquement et moralement, le réalisateur part se soigner dans un établissement thermal. Dans son oisiveté forcée il fait un retour sur lui-même. Qui est-il ? Qu’a-t-il fait de sa vie ? Que veut-il ? Que lui veulent les autres ? Il pense, il rêve, il imagine. Au cours de cet examen de conscience il revoit ses parents, son enfance, les événements qui l’ont marqué, le tout traversé de rêveries et de fantasmes. Dans le même temps, il doit mener à bien son film pour lequel il est en panne d’inspiration. Harcelé par les questions incessantes de l’équipe du film, il déambule entre rêve et réalité pour finalement trouver une esquisse de réponse à ses interrogations.

Critiques et lectures

«D'autres avant le Maestro avaient apporté un regard sur l'univers impitoyable du cinéma, les affres de la création, ne serait-ce que Wilder avec Sunset Boulevard ou encore Minnelli et ses Ensorcelés. Mais Fellini explose ici tous les schémas préalablement établis en livrant une œuvre fondatrice, d'une complexité et d'une intelligence folles, où la mise en abyme débouche sur le « méta cinéma ». 8 ½ ou le film en train de se faire (et de se défaire). 8 ½ n'a en rien perdu de son pouvoir de fascination et demeure encore aujourd'hui ce monstre égocentrique et psychanalytique à la mise en scène virtuose. Entrée charnière dans sa filmo, 8 ½ est le film de la mue pour Fellini, celui où il délaisse sa peau de néoréaliste disciple de Rossellini pour mieux revêtir son costume de peintre démiurge. Entre ces points d'entrée et de sortie, 2h18 d'introspection denses, d'amour infini des femmes, de mises à nu conjugales, de souvenirs, de culpabilités judéo-chrétiennes liées à l'enfance...» Julien Foussereau
«L’entrelacs du vrai et du faux dans 81/2 joue sur la figure du double : un film dans le film qui raconte l’histoire d’un metteur en scène en mal d’inspiration. Une sorte de parallélisme entre le cinéaste et son double qui permet un effet de miroir dans lequel Guido serait le reflet inversé de Fellini lui-même. Portrait caché ? vérités dissimulées ou bien révélations discrètes de l’auteur lui-même. Tels sont les mystères de l’âme d’un artiste.» Peggy Saule, Fellinicittà, la Transparence, Paris, 2009, coédition de la Fondation Fellini pour le cinéma
«S’il est vrai que le tournage de chaque film de Fellini se caractérise par une atmosphère particulière, une vision prédominante du réalisateur qui l’accompagnait du début à la fin, Huit et demi a été à la fois le film du doute et de l’obstination, de la tentation de tout abandonner et du perfectionnisme exaspéré. Nébuleux dans sa conception et d’une précision maniaque dans l’exécution. «Sur le plan figuratif, il doit être net, lucide, rêveur», recommandait le réalisateur, comme si le travail artisanal devait fournir la réponse à tous les problèmes. Durant la préparation, Federico ne cesse de répéter des phrases du genre : «Je me sens comme un chef de gare qui a vendu les billets, qui fait mettre les voyageurs à la file et ranger les valises dans les compartiments. Mais où sont les rails ?». Tullio Kezich, Fellini, Gallimard, Paris, 2007. Edition en partenariat avec la Fondation Fellini pour le cinéma.

Oscar du Meilleur film étranger 1964
Grand Prix, Moscou 1963
 


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